Entretien FIA Karting avec Augustin Bernier

“Vivre une passion en famille, c’est génial”

En 2021, Augustin Bernier a représenté la France lors du Trophée Académie FIA Karting. Soutenu par son ASN et engagé parallèlement en OK-Junior, une catégorie qui a vu son frère Victor devenir Champion du Monde en 2018, le jeune pilote s’est exprimé sur cette saison bien remplie.

Qu’avez-vous pensé de la philosophie générale du trophée Académie FIAZ Karting 2021 ?

Le concept est excellent. Sa grande spécificité vient d’une part du fait que tous les pilotes disposent du même matériel et d’autre part que les teams ne sont pas directement impliqués. Cela favorise des écarts extrêmement réduits entre nous, car nous disposons uniquement de quelques paramètres techniques sur lesquels nous pouvons agir. Les candidats à la victoire sont nombreux. Dans le paddock, l’ambiance apparaît comme différente de celle de l’OK-Junior. En France, j’ai déjà eu l’occasion d’expérimenter des catégories similaires. J’ai débuté en Mini-Kart à l’âge de 8 ans par la Kart Racing Academy, un Championnat très formateur qui n’existe plus, mais qui permettait de se confronter à armes égales dès son plus jeune âge. Et cette saison, j’ai participé au Championnat de France Junior avec la FFSA Academy, qui reprend le concept et le matériel OTK choisis par la CIK-FIA.

Parallèlement à cette expérience, vous avez évolué en OK-Junior en 2021. Quelles sont les principales différences entre les deux formules ?

Techniquement, nous avons davantage de latitude en termes de réglages en OK-Junior. Le travail avec le team est poussé au maximum. L’équipe VDK Racing avec laquelle je roule en OK-Junior cherche à constamment impliquer ses pilotes. On a la possibilité d’analyser le système d’acquisition de données. Dans les deux cas, le briefing avec notre mécanicien est important. J’ai la chance d’avoir été sélectionné dans l’équipe de France de Karting, si bien que je bénéficie d’un suivi particulier. Marc Berteaux, l’un des entraîneurs de la fédération, est venu sur les trois épreuves de l’académie. C’est un ancien pilote de haut niveau, il m’apporte une aide technique et humaine appréciable.

Est-il facile de s’adapter lorsque l’on passe d’une formule à une autre ?

Contrairement aux années précédentes, l’OK-Junior et l’Académie utilisaient cette saison le même manufacturier de pneumatiques. En revanche, la marque de châssis que j’ai choisie pour les Championnats d’Europe et du Monde FIA Karting était différente, ce qui nécessitait un petit temps d’adaptation. Concernant le moteur, les performances sont similaires, si ce n’est que l’OK-Junior a recours à un carburateur à membranes équipé de vis de réglages, tandis que le moteur du Trophée Académie dispose d’un carburateur à cuve.

Comment vit-on le fait d’avoir un frère champion du monde de karting ? Ressentez-vous une pression supplémentaire ?

Quand Victor a atteint son but en 2018 en OK-Junior, j’étais super heureux pour lui et je ne suis pas du tout jaloux. La différence d’âge fait qu’il n’existe aucune rivalité entre nous ni vraiment de comparaison possible. Il mène désormais une carrière en automobile et j’aimerais évidemment en faire de même dans le futur. Peut-être que cela me rajoute un peu de pression de manière inconsciente, mais honnêtement je n’y pense pas quand je suis sur un circuit. J’essaye de tracer ma voie et d’obtenir les meilleurs résultats possible. Devenir Champion du Monde Junior est également mon but, mais il n’y en a qu’un seul chaque année, cela représente un objectif extrêmement difficile à atteindre. Idéalement, j’aimerais qu’on réalise tous les deux une belle carrière dans le sport automobile. C’est plutôt agréable de vivre sa passion en famille, avec mon frère et mes parents.

Comment s’annonce votre avenir ?

Nous devons faire le point avec tout mon entourage, ainsi qu’avec la fédération française en tant que membre de l’équipe de France. Le Trophée Académie FIA Karting ne m’a pas apporté les résultats escomptés. J’ai pourtant réussi à être souvent performant et à réaliser des meilleurs tours en course, mais cela ne s’est pas confirmé en termes de points. J’ai pu me montrer en OK-Junior, en plus d’être devenu Champion de France. Pour 2022, courir en OK est une possibilité, mais il en existe d’autres…

© Photo FIA Karting / KSP