Entretien FIA Karting avec Stan Pex

“Faire de sa passion un métier, c’est génial !”

Le Karting chez les Pex, c’est une affaire de famille ! Après Richard, le père, ses fils Yard et Jorrit sont montés sur les plus beaux podiums internationaux. Le Néerlandais Stan Pex (22 ans), le petit dernier, poursuit cette belle aventure, en plus de s’impliquer en tant que professionnel du karting et motoriste.

Pouvez-vous nous retracer l’histoire de la dynastie des Pex?

Mon père a couru plusieurs années, devenant deux fois Champion des Pays-Bas en KZ2. Les dernières années, mon frère Yard était son mécanicien ! Il a lui-même roulé, terminant 2e de la Coupe du Monde KZ2 en 2011. Puis, ce fut au tour de Jorrit, qui compte trois titres de Champion d’Europe KZ en 2012, 2018 et 2019, ainsi qu’une couronne de Champion du Monde en 2015. Comme j’étais le plus jeune et que je les accompagnais sur les circuits, mes parents m’ont acheté un Baby-Kart et j’ai commencé à m’amuser avec dès mes trois ans ! J’ai dû attendre mes 7 ans pour courir, obtenant rapidement de bons résultats en Mini Max puis en Junior, principalement en Belgique, où le niveau était plus élevé que dans mon pays. J’ai décroché les titres nationaux en 2008 et 2009.

Pourquoi les résultats ont été relativement longs à arriver dans les Championnats FIA Karting?

Mon père était davantage focalisé sur les courses KZ-KZ2 de Yard et Jorrit. Quand je courais en KF-Junior, il me laissait progresser à mon rythme. J’ai souvent dû me battre en milieu de peloton, ce qui fut aussi une bonne expérience. J’ai beaucoup appris à force de lutter de la sorte. J’ai quand même eu de bons résultats au Championnat d’Allemagne. Ma deuxième saison de KZ2 en 2015 fut importante. Je suis monté sur le podium d’une épreuve du Championnat d’Europe et j’ai terminé 5e de la Super Coupe Internationale. J’ai enchaîné avec le titre de vice-Champion d’Europe en 2016, ce qui m’a motivé pour passer ensuite en KZ.

Comment se passe la cohabitation avec votre frère Jorrit?

J’ai toujours ressenti que c’était une chance pour moi d’avoir un tel équipier. Pour moi, c’est une référence, un modèle. Notre rivalité est très saine. Il me pousse à être sans cesse meilleur, car il est toujours compétitif et régulier à chaque course. Parfois il est plus rapide, parfois c’est le contraire, c’est ce qui est intéressant. Cette année, il a eu moins de temps pour se préparer, car il a eu beaucoup de travail dans l’entreprise familiale, mais en définitive il a remporté un nouveau titre de Champion d’Allemagne et a terminé sur le podium du Championnat d’Europe à Genk. Pour moi, cette course a représenté un moment spécial, puisque c’était ma première victoire en KZ. Sur le podium, j’avais mon frère Jorrit à ma gauche et, sur ma droite, mon père Richard qui a reçu la coupe du meilleur team manager. Ce sont des moments précieux.

Vous êtes proches de la famille Verstappen. Avez-vous toujours des contacts?

Bien sûr. Jos, le père de Max, est toujours aussi passionné de karting. Il passe régulièrement à l’atelier pour nous voir et travailler avec nous sur le développement des moteurs, comme il le faisait quand Max roulait en KZ avec Jorrit. On se connaît depuis longtemps. C’est en me voyant sur mon Baby-Kart que Max a demandé à ses parents de lui acheter un kart. On a grandi ensemble. Jos a une grande expérience du karting, il nous a donné beaucoup de conseils pour le développement des moteurs. D’ailleurs, quand j’ai gagné à Genk, c’était avec un moteur préparé dans nos ateliers. Cela ne nous empêche pas de collaborer de près avec l’usine TM Racing et d’avoir souvent bénéficié, Jorrit comme moi-même, des moteurs de Franco Drudi.

Jorrit travaille dans l’entreprise familiale spécialisée dans la toiture. Pourquoi ne pas avoir suivi le chemin?

Pour ma part, j’ai toujours aimé la partie technique du kart. Je suis très impliqué dans la préparation du matériel. Il y a 6 ans environ, un pilote que je connais bien m’a demandé de l’aider. J’ai commencé à préparer ses moteurs et les résultats sont arrivés au fil du temps. Cela m’a motivé pour continuer dans cette voie et j’ai décidé de créer SP Motorsport. J’adore développer les moteurs, je passe beaucoup de temps sur le banc d’essai. Je suis importateur des châssis KR aux Pays-Bas et je m’occupe de plusieurs pilotes au Benelux, ainsi que de Tom Braeken en OK-Junior. Il s’est fait remarquer cette année dans le Trophée Académie FIA Karting, où il a réalisé la pole position à Genk. Il possède une excellente pointe de vitesse, mais manque encore d’expérience. En définitive, faire de sa passion un métier, c’est génial !

Comment s’annonce votre saison 2021?

Je vais continuer à piloter, c’est évident. J’adore vraiment le KZ, j’y prends beaucoup de plaisir. Les pilotes sont si proches les uns des autres, les duels sont incroyables ! Mon frère Jorrit a déjà été Champion du Monde, j’espère l’être aussi un jour. Je n’ai pas eu de chance lors de l’édition 2020 à Lonato. J’étais très rapide, je pense honnêtement que j’avais de bonnes chances de gagner. En parallèle, je me consacre à mon team SP Motorsport. Je me suis rendu compte que le fait d’être impliqué dans l’assistance, le coaching, la mécanique et la préparation, ça me permet de m’améliorer encore en tant que pilote.

Info FIA / © Photo FIA Karting / KSP