ENTRETIEN FIA KARTING AVEC LUIGI COLUCCIO

“EN KARTING, IL FAUT S’ADAPTER À TOUTES LES SITUATIONS”

Originaire du sud-est de l’Italie, à proximité des circuits de La Conca et d’Ugento, Luigi Coluccio (18 ans) fait partie des références de la catégorie OK. Au fil des années, le pilote du Tony Kart Racing Team s’est forgé un joli palmarès, avec en point d’orgue deux podiums en Championnat du Monde FIA Karting.

COMMENT ÊTES-VOUS VENU AU KARTING ?

Mes parents m’ont acheté un Puffo Kart alors que je n’avais que 4 ans ! J’ai découvert la compétition en 2011 à l’âge de 8 ans dans la catégorie Baby-Kart. Je me suis battu pour le titre dans ma région dès l’année suivante, avant de débuter en Mini en 2013. J’ai gagné la Winter Cup et la Champions Cup. J’ai eu l’opportunité de débuter en OK-Junior en 2017 et c’est avec beaucoup d’émotions que j’ai quitté l’Italie pour découvrir de nouveaux circuits dans d’autres pays. Le podium obtenu au Championnat du Monde FIA Karting – OK-Junior en 2018 avec le team Birel ART m’a permis de gagner en notoriété.

QUELS SONT LES SECRETS POUR ÊTRE RAPIDE EN OK ?

Cela dépend vraiment de la marque des pneumatiques utilisée et des circuits empruntés. Il est important de réussir à s’adapter à toutes les situations. Si vous avez un châssis qui a tendance à glisser ou au contraire à avoir trop de grip, vous ne pourrez pas exploiter toute la puissance du moteur et en plus vous allez user fortement les pneumatiques. Vous serez alors dans l’incapacité de réussir un bon temps chronométré. Définir la pression optimum des pneumatiques est primordial en OK, comme le fait d’avoir une conduite vraiment propre. C’est d’autant plus vrai avec la marque de pneumatiques actuellement utilisée en FIA Karting. Certains autres pneumatiques s’exploitent de manière différente. Il faut également prendre en compte la distance kilométrique de la course. Les réglages sont souvent différents, selon si on s’élance pour les essais chronométrés où il faut réaliser un excellent temps en seulement quelques tours, pour une manche ou pour une finale qui s’étend sur 30 kilomètres.

QUEL EST VOTRE GENRE DE CIRCUIT PRÉFÉRÉ ?

Plus le grip offert par les caractéristiques du circuit et des pneumatiques est élevé, plus j’aime et plus je me sens à l’aise. Ma proximité avec le circuit de La Conca n’est peut-être pas étrangère à ce choix, car l’adhérence y est maximum.

RESSENT-ON BEAUCOUP DE PRESSION LORSQUE L’ON REPRÉSENTE UNE USINE COMME OTK ?

Non, je m’y sens bien. J’ai appris à connaître le groupe OTK au fil des nombreuses épreuves que j’ai disputées à leur côté. Aujourd’hui, j’ai un bon feeling avec Tony Kart. L’usine me pousse pour que je donne mon meilleur à tous les instants et j’aime cette situation. Bien sûr, ce n’est pas toujours facile à vivre quand les résultats ne sont pas à la hauteur de nos attentes mutuelles, mais il est habituel de connaître des hauts et des bas en karting.

BEAUCOUP DE PILOTES SONT DÉSORMAIS TRÈS JEUNES EN OK. COMMENT CELA SE PASSE-T-IL DANS LE PELOTON ?

En karting, les duels sont toujours très intenses, quelle que soit la catégorie. On sait qu’un pilote arrivant du Junior va manquer d’expérience, je me suis moi-même retrouvé dans cette situation. Alors, certains commettent des erreurs, des excès d’optimisme, mais ce phénomène a tendance à se restreindre au fil de la saison. Pour ma part, je viens d’entamer ma cinquième année de OK, je pense donc bien connaître cette catégorie.

PARVENEZ-VOUS À POURSUIVRE VOTRE SCOLARITÉ ?

J’avoue qu’avec tous les déplacements pour le karting, suivre les cours comme mes camarades n’est pas si facile, mais je m’accroche en poursuivant une scolarité normale dans mon école près de chez moi, à Maglie.

COMMENT AVEZ-VOUS ACCUEILLI CE TITRE DE VICE-CHAMPION DU MONDE OBTENU FIN 2021 À CAMPILLOS ?

Ce fut une grande satisfaction, surtout pour ma dernière course sous les couleurs Kosmic Racing. J’attendais de décrocher à nouveau un tel résultat et mes efforts ont fini par payer. Mes parents viennent rarement me voir sur les circuits et ils avaient pu cette fois effectuer le déplacement dans le sud de l’Espagne. Avoir pu fêter ce moment de joie avec eux et toute mon équipe, ça restera un merveilleux souvenir.

PARALLÈLEMENT À VOTRE PARCOURS EN KARTING, VOUS VENEZ DE DÉBUTER EN AUTOMOBILE EN GT. POUVEZ-VOUS NOUS EN DIRE PLUS ?

J’ai eu l’opportunité de découvrir le Championnat d’Italie de Grand Tourisme et mes débuts m’ont apporté beaucoup de satisfactions. Ce sont des courses de près d’une heure à deux pilotes. Je suis engagé en GT-CPA avec le team Easy Race sur une Ferrari 488 Challenge avec Rocco Mazzola comme équipier. C’est une super voiture, très puissante ! Nous avons terminé 2e de la Course 1 et 3e de la Course 2 dans notre catégorie, une fois sur une piste humide et une fois sur le sec ! Je ne vais pas pouvoir participer à l’intégralité du Championnat, car mon programme en karting reste ma priorité.

COMMENT VOYEZ-VOUS VOTRE AVENIR ?

Aujourd’hui, je suis très heureux de courir sous les couleurs Tony Kart après deux années passées chez Kosmic Racing. Monsieur Roberto Robazzi me fait confiance et j’essaye de me montrer performant à chaque course. J’espère réussir une excellente saison 2022. Par la suite, il m’apparaît encore difficile de me projeter dans la suite de ma carrière. Cela dépendra des soutiens et des partenaires dont je pourrais disposer.

© Photo FIA Karting / KSP