BEST-OF 2021 FIA KARTING : LUCA BADOER – EX-PILOTE DE FORMULE 1 ET PÈRE DE PILOTE

« JE VAIS GARDER DES SOUVENIRS MÉMORABLES DES ANNÉES PASSÉES EN KARTING AVEC BRANDO »
DANS LA PEAU DU PAPA, DU CONSEILLER ET DU MANAGER

Luca Badoer a fait partie des observateurs privilégiés des épreuves FIA Karting entre 2019 et 2021, au côté de son fils Brando qui a couru successivement en OK-Junior puis OK. Excellent pilote de Karting dans les années 80, l’Italien a remporté le Championnat Intercontinental de Formule 3000 en 1992, avant d’accéder à la Formule 1 l’année suivante. Il a participé à 51 Grands Prix et a tenu le rôle de pilote essayeur pour la Scuderia Ferrari durant 13 saisons.

QUELS SOUVENIRS GARDEZ-VOUS DE VOTRE PASSAGE EN KARTING ?

Ce fut de très belles années. J’ai débuté avec mon père comme mécanicien. Les bons résultats que j’ai obtenus m’ont permis d’évoluer jusqu’au niveau international au sein du team officiel Birel. J’ai dû attendre mes 18 ans pour débuter en monoplace, en 1989. Mon plus beau souvenir restera ma victoire au Championnat d’Italie à Val Vibrata en 1988. Je sors leader des manches de qualification, mais un abandon en préfinale m’oblige à partir dernier en finale. J’ai réussi une remontée incroyable et j’ai gagné la course. J’étais déchaîné !

QUAND VOUS ÊTES REVENU SUR LES CIRCUITS DE KARTING AVEC VOTRE FILS BRANDO, COMMENT AVEZ-VOUS RÉAGI EN RENOUANT AVEC LA DISCIPLINE DE VOTRE JEUNESSE ?

Globalement, j’ai retrouvé les bases du système que je connaissais, mais tout est devenu beaucoup plus professionnel. Lorsque j’ai débuté, je n’étais pas confronté aussi rapidement à des pilotes issus de nombreuses nationalités, dans des organisations de haut niveau. Les pilotes qui pouvaient prétendre à la victoire n’étaient pas si nombreux. Aujourd’hui, il existe une quantité importante d’excellents pilotes dès la catégorie Mini. Très tôt, les jeunes commencent à travailler comme des pilotes professionnels au sein de teams extrêmement bien structurés. Il faut avouer que c’est formateur. Le Karting reste plus que jamais une excellente école. Je trouve même dommage que les pilotes partent désormais trop tôt vers la monoplace.

SELON VOUS, QUEL ÂGE SERAIT LE PLUS APPROPRIÉ ?

Il faudrait repousser cet âge d’un an, au minimum. Actuellement, la majorité des pilotes passe en F4 à 15 ans, si bien qu’ils commencent à effectuer des tests dès 14 ans, alors que ce ne sont encore que de jeunes enfants. Ils manquent de maturité. Comme ils rêvent d’une carrière en automobile à haut niveau, leur entourage suit ce système, moi le premier ! En définitive, ce n’est pas la meilleure solution. Physiquement et mentalement, ils auraient besoin d’attendre et de poursuivre un peu plus leur parcours en Karting.

BRANDO A-T-IL ÉMIS LE SOUHAIT DE LUI-MÊME DE VOULOIR DEVENIR PILOTE ?

Oui. Il était encore tout petit lorsque j’ai raccroché mon casque, mais il s’en souvient. Les années suivantes, il a suivi de près et avec passion la Formule 1. Son envie de prendre le volant d’un kart a fini par se manifester.

EN TANT QU’ANCIEN PILOTE DE HAUT NIVEAU ET PÈRE DE PILOTE, COMMENT PROCÉDEZ-VOUS POUR TROUVER LA BONNE ATTITUDE ENTRE VOTRE FILS ET SON TEAM ?

Je suis assez impliqué, on discute beaucoup et on partage le maximum d’informations. Je suis son premier conseiller ! Je trouve néanmoins que l’on passe beaucoup de temps sur les circuits. En FIA Karting, les tests commencent le jeudi, ce qui est une bonne chose. Mais ce n’est pas le cas pour d’autres épreuves. Et si on ajoute les essais privés organisés par les teams, le Karting international demande une trop grande disponibilité, ce qui implique des moyens financiers importants. Les jeunes manquent beaucoup trop de jours d’école. Que se passera-t-il pour eux s’ils ne font pas carrière dans le sport automobile et si leur niveau scolaire est insuffisant ? Actuellement, Brando doit travailler dur pour récupérer ses absences. C’est un problème pour notre famille, car nous souhaitons qu’il réussisse également dans les études, sans choisir la solution de l’école à la maison, par correspondance.

QUEL BILAN TIREZ-VOUS DE CETTE PÉRIODE QUE VOUS AVEZ TRAVERSÉE AVEC BRANDO ?

Je suis très fier de la progression qu’il a opérée au fil des années. En Mini, en Junior et en OK, il a montré qu’il faisait partie des pilotes les plus rapides de sa génération. Je garderai beaucoup de souvenirs mémorables de ces années passées à ses côtés.

© Photo FIA Karting / KSP